Comment le projet est-il né ?


Explications de Jean-Michel Zellweger

L'idée a germé à l'occasion de discussions sur l'évolution de l'état des rives du Léman au sein de la CIPEL (Commission internationale pour la protection des eaux du Léman, www.cipel.org) au début des années 2000. Les experts de la commission étaient préoccupés par l'inexorable disparition des rives naturelles du lac sous la pression de l'urbanisation. Ils auraient souhaité disposer d'une référence photographique datant de quelques décennies pour pouvoir appréhender et estimer le rythme de la perte des rives ayant encore des qualités écologiques. Malheureusement aucun relevé systématique n'existait.

Je me suis convaincu qu'une telle documentation photographique devrait être utile, en particulier pour les futurs habitants du bassin lémanique de 2030.  Et pourquoi alors ne pas la constituer moi-même? Vélivole à Montricher, ayant accès à un petit avion qui vole lentement, muni d'une fenêtre bien placée. J'aime la photographie et je disposais d'un équipement de qualité (bon appareil photo réflex numérique avec un capteur stabilisé qui compense les mouvements erratiques). Cela devait être faisable.

Une première proposition au SESA avait pourtant rencontré un intérêt plutôt mitigé, suivi d'un refus poli. Ah le poids des traditions. J'ai alors pris la décision de le faire à mon propre compte, imaginant que de telles images seraient sans doute utiles aux habitants du bassin lémanique de la prochaine génération. Exactement ce qui manquait aujourd'hui. Entre temps le secrétariat de la CIPEL à qui j'avais parlé du projet s'était montré tout à fait intéressé. Et la commission est une bonne garante de la pérennité de ces images.

Avec l'aide d'un collègue du SESA, pilote également, nous avons donc entrepris une photographie systématique des rives du Léman, en veillant à pouvoir superposer chaque image l'une à l'autre, pour assurer la continuité, captant entre 100 et 200 mètres de rive à chaque cliché, afin que les détails restent bien visibles. Les vols ont dû être interrompus parfois pour cause de mal de mer rédhibitoire; pas facile de regarder à travers un objectif en voyage sur des montagnes russes quand la nausée se fait insistante… Mais ils nous ont aussi offert des privilèges, comme celui de survoler la rade de Genève à basse altitude, avec l'autorisation de la tour de contrôle de l'aéroport, ce qui est exceptionnel.

Finalement l'habitude ayant été prise, nous avons réalisé le même travail pour les lacs de Neuchâtel et Morat. Et devant le résultat, le SESA a changé d'avis…

En me disant que ce document sera certainement utile aux prochaines générations, j'apprécie tout particulièrement la valorisation que l'Etat de Vaud en fait, notamment en les publiant sur ce site, ce qui aide à les rendre pérennes.

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